Salaires : pourquoi les augmentations sont au plus bas en 2026, et à quoi s’attendre en 2027

Publié par Arnaud

salarié négociant une augmentation

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Perplexity ChatGPT Claude Gemini

Votre fiche de paie ne bougera presque pas cette année, et ce n’est pas une impression. Après trois ans de rattrapage de l’inflation, les entreprises ont refermé le robinet. Et d’après les premières études publiées cet été, 2027 ne s’annonce pas beaucoup mieux. On fait le point sur les chiffres, sur ce décalage étrange entre les statistiques et votre compte en banque, et sur les bons réflexes pour défendre votre salaire.

L’essentiel à retenir :

  • En 2026, les entreprises accordent en moyenne 2 % d’augmentation, du jamais vu depuis cinq ans.
  • La Banque de France confirme le coup de frein : +1 % sur les minima de branches, +1,6 % sur les salaires de base.
  • Certains secteurs s’en sortent bien mieux : la tech, l’aide à domicile et l’ingénierie gagnent 4 à 8 % en deux ans.
  • Pour 2027, le cabinet WTW prévoit des budgets autour de 3 %, mais la fin des augmentations automatiques liées à l’inflation.
  • Avant de négocier, mieux vaut savoir combien gagnent vraiment les autres à votre poste.

Pourquoi les augmentations de salaire ralentissent en 2026

Les augmentations n’ont jamais été aussi faibles depuis le Covid. D’après l’enquête du cabinet Mercer menée auprès de 277 entreprises entre octobre 2025 et mars 2026, le budget d’augmentation médian est de 2 %, à peine plus que l’inflation prévue par la Banque de France (entre 1,2 et 1,3 %). Concrètement : une fois la hausse des prix déduite, votre salaire n’augmente presque pas.

La Banque de France parle d’un retour à la normale. Les accords signés entre fin 2025 et début 2026 prévoient +1 % sur les minima de branches et +1,6 % sur les salaires de base. La période où les entreprises augmentaient tout le monde pour compenser l’inflation de 2021-2022 est bel et bien terminée.

Résultat : la moyenne ne dit plus rien de votre situation. Avant d’accepter ou de contester une proposition, le bon réflexe est de comparer votre fiche de paie avec ce qui se pratique vraiment dans votre métier. Des sites comme Salerya recensent les salaires par métier et par région à partir des données de l’INSEE et des conventions collectives, du débutant au profil expérimenté. Face à un employeur, ce sont ces chiffres qui pèsent, pas le ressenti.

Le pouvoir d’achat remonte sur le papier, pas dans les têtes

C’est le paradoxe du moment : les chiffres s’améliorent, le moral non. Avec une inflation retombée sous 1,5 % début 2026, le pouvoir d’achat des ménages connaît sa meilleure progression depuis 2021. Et pourtant, les enquêtes d’opinion restent dans le rouge. Les économistes appellent ça « l’écart de perception ».

L’explication est simple : on garde en mémoire les prix d’avant. Les augmentations obtenues depuis 2023 ont surtout servi à rattraper les hausses passées. Le salaire médian du secteur privé n’a regagné que 0,8 % en 2024 une fois l’inflation déduite, loin des 3,8 % perdus sur les trois années précédentes. Et les dépenses incontournables, logement et énergie en tête, mangent une part toujours plus grosse du budget, surtout dans les grandes villes.

Les métiers qui s’en sortent (et les autres)

Derrière la stagnation générale, tout le monde ne loge pas à la même enseigne. La tech, l’aide à domicile et l’ingénierie industrielle affichent des hausses de 4 à 8 % en deux ans, tout simplement parce que les candidats manquent. À l’inverse, la grande distribution ou le transport n’ont pas les marges pour suivre, et beaucoup de postes restent payés au SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois depuis sa revalorisation du 1er juin 2026.

La région compte autant que le secteur. Un même métier ne se paie pas pareil en Île-de-France et dans une ville moyenne, sans que le loyer suive forcément la même logique. C’est flagrant dans certaines professions : le salaire d’un expert-comptable en France peut par exemple atteindre 78 000 € brut par an en région parisienne, contre environ 60 000 € ailleurs. Au final, votre pouvoir d’achat réel dépend de trois choses : votre métier, votre secteur et l’endroit où vous vivez.

Trois réflexes pour défendre votre salaire cette année

Connaître votre valeur sur le marché. Demander une augmentation « parce que la vie est chère » ou « parce que je suis là depuis cinq ans » a peu de chances d’aboutir en ce moment. Arriver avec un montant précis et appuyé sur des chiffres, plutôt qu’un pourcentage lancé au hasard, change tout : vous ne demandez plus une faveur, vous corrigez un écart.

Ne pas subir les NAO, les préparer. Les négociations annuelles obligatoires (les fameuses « NAO », imposées dans les entreprises qui ont un délégué syndical) fixent le cadre des augmentations. Renseignez-vous sur le calendrier de votre entreprise et faites passer vos arguments avant que le budget soit bouclé, pas après.

Négocier plus large que le salaire. Quand l’enveloppe est gelée, tout ne passe pas par le salaire de base : prime de partage de la valeur, intéressement, jours de télétravail, formation… Ces avantages se décrochent souvent plus facilement qu’une augmentation.

2027 : la fin de l’augmentation automatique

Les premières prévisions pour l’an prochain confirment la tendance. D’après l’étude publiée par le cabinet WTW le 4 août 2026 auprès de 798 entreprises, les budgets d’augmentation devraient tourner autour de 3 % en 2027 en France, quasiment comme cette année. Ce chiffre mesure le budget global, une notion plus large que l’enveloppe négociée en NAO relevée par Mercer, d’où l’écart avec les 2 %. Les services feraient un peu mieux (+3,1 %), et la France reste derrière le Royaume-Uni (3,5 %), les Pays-Bas (3,4 %) et l’Espagne (3,2 %), avec une inflation attendue à 1,7 % l’an prochain.

Le vrai changement est ailleurs : la façon d’attribuer les augmentations bascule. Seules 17 % des entreprises augmentent encore tout le monde en fonction de l’inflation, contre 50 à 75 % ces dernières années. Désormais, 97 % des employeurs regardent d’abord la performance individuelle, et 59 % tiennent compte des évolutions de poste et des promotions.

Dernière tendance à suivre : la transparence des salaires. Poussées par une directive européenne, 25 % des entreprises françaises prévoient déjà un budget pour corriger les écarts de salaire injustifiés. Les grilles vont devenir plus visibles, donc plus faciles à comparer. Ceux qui connaissent déjà les chiffres partiront avec un coup d’avance.

Le bon chiffre au bon moment, voilà ce qui fera la différence

2026 referme une parenthèse : celle où l’inflation suffisait à justifier des augmentations pour tout le monde. Place à une période où chaque augmentation se gagne, dossier en main. Ceux qui verront leur salaire progresser ne seront pas forcément les plus anciens ni les plus diplômés, mais ceux qui sauront montrer, chiffres à l’appui, l’écart entre leur paie et le prix du marché. Avec des budgets coincés entre 2 et 3 % et la performance individuelle comme premier critère, connaître les salaires réels de son métier n’est plus un bonus : c’est le point de départ de toute négociation. Et ce sera encore plus vrai en 2027, quand la transparence salariale rendra les comparaisons aussi banales qu’incontournables.

Arnaud